chapitre 17: Trop d’amour pour un seul homme
- Stéphanie Dordain

- 4 août 2025
- 5 min de lecture
Hier, une pote nous partage une vidéo sur le groupe WhatsApp.
Une interview d’une femme, je ne sais pas qui elle est, ni ce qu’elle fait exactement, mais elle explique quelque chose qui m’a fait buguer. Elle dit qu’elle mène des études statistiques, et que selon ses recherches, les femmes célibataires ont plus de chances d’atteindre le succès, une forme de réussite personnelle, que celles qui sont mariées avec des enfants. Et à l’inverse, les hommes qui réussissent, eux, sont souvent mariés.
Et là, j’avoue que j’ai bloqué. Déjà parce que j’ai trouvé ça hyper intéressant, mais surtout parce que c’est un peu ce que j’ai toujours ressenti, sans jamais oser le formuler comme ça.
Elle explique que, dans une relation, les femmes s’oublient.
Elles donnent tout. Elles se mettent de côté. Elles mettent toute leur énergie pour l’autre. Elles pensent à tout, elles portent, elles organisent, elles prennent soin. Et pendant ce temps, l’homme reçoit cette énergie comme un carburant magique, il avance, il grandit, il réussit.
Et nous, on finit épuisées.
Et je dois dire que c’est assez vrai. Parce que moi, je me suis révélée le jour où j’ai quitté le père de ma fille. Le jour où j’ai dit stop, où j’ai pris cette décision de partir, de m’occuper de moi, de faire passer ma vie en premier. C’est à ce moment-là que tout a commencé à s’aligner.
Alors bien sûr, je suis maman célibataire, donc j’ai une enfant. Et non, je ne crois pas qu’il y ait un lien de causalité avec les enfants.
Ma fille, c’est ma force.
La naissance de ma fille a été le plus grand tournant de ma vie. C’est elle qui m’a ramenée à moi, à ma puissance.
C’est pas les enfants, le problème.
Les boulets, ce ne sont pas nos enfants.
Ce sont les mecs qu’on traîne, qu’on porte, dans l’espoir qu’ils changent ou qu’ils deviennent ce qu’on a projeté.
Et maintenant, avec du recul, je peux le dire sincèrement : j’ai réussi ma vie professionnelle, et même personnelle, si j’enlève le domaine de l’amour.
Et pourtant, je n’ai pas une relation stable. Je ne suis pas mariée.
Mais j’ai eu de belles relations, de belles rencontres, j’ai appris plein de choses. Et surtout, c’est devenu une source d’inspiration inépuisable, qui me permet encore aujourd’hui de créer, d’écrire, d’explorer, de transformer.
Donc finalement, j’ai trouvé un bon cycle qui me permet de rayonner.
Et si je regarde honnêtement, il y a 10 ans, quand je rencontrais le père de ma fille, je partais avec un rêve : écrire un livre, trouver un éditeur.
Aujourd’hui ?
J’ai écrit 10 livres.
Je viens de signer dans la plus grande maison d’édition française.
Je suis aussi publiée au Canada.
Je viens de sortir mon premier film.
J'ai créé mon propre spectacle immersif sur l’une des plus belles scènes du monde… après Édith Piaf et Charlie Chaplin. Rien que ça.
Un podcast dans lequel je raconte mes histoires avec ma voix, un podcast qui a grandi tout seul, naturellement.
J’ai créé un nouveau genre.
J’accompagne aujourd’hui plus de 30 millions de personnes. Et c’est pas que du divertissement. C’est de la thérapie.
Ces gens-là voient leur vie changer. Je le sais. Je le reçois chaque jour.
J’ai monté une association pour les animaux. J’ai créé un programme éducatif pour les enfants, qui est diffusé dans plusieurs pays. Grâce à mes livres, mes vidéos, mes programmes, plus de 2 millions d’animaux ont été épargnés, juste grâce à des gens qui ont changé leur alimentation.
Alors non, j’ai pas honte de le dire.
Je suis une femme inspirante qui a réussi.
Je fais ce que j’aime. Je crée sans arrêt. Je m’amuse dans ce que je fais.
Je peux travailler d’où je veux.
J’habite à Ibiza, sur une île magique.
Je me suis acheté un appartement avec vue sur la mer, face à Es Vedra.
J’ai une petite fille merveilleuse, drôle, intelligente, surprenante.
Un chien, mon amour, qui va sur ses 14 ans, qui a eu mille galères, et qui pète la forme.
Deux petites poules que j’ai sauvées et qui vivent avec moi. Un chat.
Une mini-ferme. Un monde. Une vie pleine.
Je fais des rencontres improbables.
Je reçois des signes tous les jours.
Je suis bien entourée. J’ai ma famille.
Je vais fêter les 90 ans de ma grand-mère qui en paraît 70.
Si j’enlève la cellulite sur mes cuisses, que je peux plus voir dans le reflet du miroir de l'ascenseur, et l’absence de mon parfait mari qui m'amènera le petit déjeuner au lit… tout va bien.
Et là, je me dis :
Mais qu’est-ce que je vais faire de tout cet amour que j’ai en moi ?
Est-ce que je dois le donner à un seul homme ?
Est-ce que si je me remets avec quelqu’un, je vais pas me perdre à nouveau ?
Parce que soyons honnêtes…
Quand je suis amoureuse…
Je deviens une débile mentale.
Tout tourne autour de lui.
Je pense à lui tout le temps. Je fais tout pour lui.
Je vais jusqu’à faire passer ses besoins avant les miens. Je l’aide, je le booste, je l’élève.
Et lui ? Il prend tout. Il devient quelqu’un. Il s’épanouit. Il s’ouvre.
Et moi ? Je me perds. Je m’oublie.
Parce que moi, je tombe amoureuse des potentiels. Pas du mec qui est en face de moi, là, maintenant.
Et ça, c’est un vrai problème.
C’est quoi ce réflexe qu’on a en tant que femme, ce besoin de materner, de sauver, de transformer ? Pourquoi est-ce qu’on n’arrive pas à être en couple, à s’aimer, et à rester des reines, à être honorées comme on honore ?
Est-ce qu’il faut inverser les rôles ?
Est-ce qu’il faut chacun sa maison, chacun son espace ?
Mais bon… on connaît la fidélité légendaire des hommes. Est-ce que c’est une bonne idée de leur laisser la clé de leur liberté totale ?
Je sais pas.
En tout cas, je me demande sincèrement si j’ai pas trop d’amour pour un seul homme.
Et là, ça me ramène à cette notion que j’ai entendue il y a quelque temps :
le foyer d’amour de l’humanité.
Oui, ça existe. Un champ, un réservoir énergétique, un genre de foyer collectif d’amour sur Terre.
C’est une énergie qui se mesure. Une chaleur globale du cœur humain.
Et il paraît qu'en ce moment, il est très bas.
Très bas.
Et je dois l’avouer : je pense que j’y contribue.
Avec tous mes doutes, toutes mes peurs, mes désillusions, ma perte de foi dans le couple, mon agacement, mes blocages, mon cynisme parfois…
Je crois que je retire un peu de chaleur à ce foyer collectif.
Alors oui, je suis désolée.
Sincèrement.
Mais j’y travaille.
Je rallume mon feu.
Pas pour un homme. Pas pour qu’il me revienne. Pas pour qu’il comprenne.
Mais pour moi.
Pour ma fille.
Pour les autres femmes.
Pour toi.
Pour le monde.
Je crois que les femmes n’ont jamais été faites pour réchauffer un seul cœur,
mais que leur vraie mission sur Terre est d’élever le foyer d’amour de l’humanité.





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