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Chapitre 7 : Ce qui nous revient


Faire le vide.

C’est ça dont j’ai besoin, plus que jamais.


C’est toujours en laissant de la place, dans ma tête, dans mon cœur, dans ma vie, que je peux me reconnecter à ma partie profonde et trouver des réponses. Et aujourd’hui, je n’ai pas seulement besoin de réponses. J’ai besoin de gratitude.


La gratitude… ce sentiment puissant qui remet les compteurs à zéro. Qui nous rappelle qu’on a déjà des trésors sous les yeux. Qu’on a de la chance, même quand on croit tout avoir perdu. Mais pour les voir, ces trésors, il faut lever le nez du guidon.


Alors je fais le vide. Après avoir supprimé l’application. Annulé le rendez-vous.


Je reprends la route. Littéralement.


Direction le sud du Portugal. Le camp des Gardiens de la Terre. Un sanctuaire perdu en Alenteijo, où la nature prend toute la place et où je retrouve les miens. Mes amis, ma tribu, ma fille. Mon chien.


Et un peu de moi.


La vieille voiture de mon grand-père gémit sous la chaleur. Pas de clim. Pas de Bluetooth. Juste la radio portugaise et des tubes des années 80 qui crachent dans les enceintes fatiguées. Et bizarrement… je souris.


Je suis vivante. En bonne santé. Entourée d’amour. Avec ma fille, mon chien, ceux qui comptent. Et je réalise : c’est ça, la richesse.


Sur cette route, je prends aussi le temps de regarder en arrière. Tous ces détours, ces ratés, ces recommencements… et malgré tout, je sais une chose : tout ce qui est à nous finit toujours par nous revenir.


Et justement.

Aujourd’hui, j’ai deux nouvelles à partager.

Une bonne. Et une mauvaise.


La mauvaise, c’est que quand on croit que c’est fini…

Y’en a encore.

Toujours. Comme un vieux chewing-gum karmique collé sous la semelle.


Il y a quelques années, pourtant, alors que je terminais mon premier livre "CELUI QUE J'AI CHOISI D'AIMER" je croyais avoir compris.

Je croyais avoir trouvé la clé.

J’étais enfin bien avec moi.

Prête à m’envoler. À réaliser mes rêves. À partir seule.


J’avais mon billet pour le Canada.

Une maison d’édition dans le viseur.

Un livre en gestation.

Une vision claire, presque sacrée.


Et puis… l’univers a décidé de me tester.

Il a mis quelqu’un sur ma route.

L’homme parfait.

Gentil. Sûr de lui. Sécurisant.

Le fantasme déguisé en évidence.


En moins d’un mois, j’ai tout annulé.

Le Canada. Le livre. L’indépendance.

Je me suis dit : “Trop risqué de passer à côté d’un truc pareil.”

Et bam.

Me voilà transformée en bonne petite fille, version adulte, serrant très fort ce qu’elle a peur de perdre.


Rien que de l’écrire… ça pique.

Et j’ai peur aussi.

Parce qu’au fond, je sais : je pourrais recommencer.


Huit ans.

Huit putains d’années.

Pas un conte de fées.

Pas une rencontre de deux êtres libres et entiers.

Non.

C’était une dépendance affective version haut-de-gamme.

Un lien tissé de peurs, de compromis bancals, de silences.


Et ce n’est pas pour régler mes comptes que j’en parle. C’est parce qu’à chaque fois que je pensais m’être libérée, je retombais.

Dans un cycle.

Une illusion.

Un vieux réflexe.


Pourtant , voilà la bonne nouvelle : malgré tout, la vie m’a TOUJOURS ramenée à moi.


À mes rêves.


Parce que ce qui est à nous… revient toujours.

Pas comme on l’avait prévu.

Pas quand on le voulait.

Mais ça revient.


Moi, je voulais aller au Canada.

Je voulais être signée par une maison bien précise.

J’avais ce plan dans la tête.

Et puis je l’ai mis de côté, pour un homme.

Je l’ai fait. Je l’assume. C’est moche, mais c’est vrai.


Et sept ans plus tard — enceinte de sept mois, sans avoir mis un pied en Amérique du Nord — je reçois un mail.

Une offre.

Du CET éditeur.

Celui-là même.


Sept ans.

Un bébé dans le ventre ... Alors qu'on me disait stérile ...

Et mon rêve qui me retrouve, un miracle en bonus.


Comme quoi.

Les chemins sont bordéliques. Mais les rêves sont têtus.

Alors non, je n’ai pas eu la relation “idéale”.

Mais elle m’a offert des trésors. Les plus beaux cadeaux de ma vie.


Elle m'a ramené mon chien. Mon Georges.

M'a offert ma fille. Une petite fille extraordinaire.

Encore un miracle dont je parlerai un jour.


Le tout premier.

Écrit en revenant du Portugal en 2014.

Et je me souviens de tout ...


Un voiture en panne au Portugal. Un taxi pour rentrer en France . Un carnet.

Et moi, dans ce chaos, à poser les mots.


( L'histoire se répète ou c'est moi ? )


Le lendemain du lancement de cette chronique — celle que tu es en train de lire — ma voiture me lâche. Au Portugal. Sur l’autoroute.


L'univers et mes guides en coulisse : “Tu veux raconter ta vie ? Tiens, une scène bonus.”


Soit ils se foutent de moi.

Soit ils veulent que je continue.


Comme toujours, je choisis l'interprétation qui me fait du bien.

Parce que malgré tout, je suis là.


Maman.

Entrepreneure.

Autrice.

Dix livres publiés.

Un spectacle aux Folies Bergère.

Un film au cinéma.

Un mouvement. Une fondation.

Des millions d’êtres touchés et d'animaux sauvés.


Et je me revois encore, dans ce taxi, il y a des années.

À écrire.

À espérer.

Sans savoir que tout ce bordel allait devenir ma force.


Alors peut-être que cette chronique aussi…

Malgré mes doutes, mes erreurs, mes colères…

Peut-être que ça aussi, c’est un appel lancé dans le vide. Une bouteille jetée à la mer.


Et peut-être qu’un jour, comme tout le reste, ça me reviendra.

Sous une autre forme.

Plus douce. Plus vraie. Plus juste.

Ou pas.


On verra.


Car une chose est sûre. Notre destinée est comme un boomerang. Elle finit toujours par revenir à son propriétaire.

1 commentaire


G Ra
G Ra
23 juil. 2025

Merci beaucoup ! Votre témoignage me touche énormément. Derrière le bordel, le chaos, il y aura toujours quelque chose de meilleur en nous, la vie nous pousse à puiser le meilleur et en faire notre force. L'écriture tellement libératrice, merci 😘🦉💃💞

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