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L’action alternative™ par stéphanie dordain


Agir directement sur ce que l’on désire ne produit pas toujours l’effet attend. Dans certaines configurations, cela génère même un effet contre-indiqué.


Quand l’action devient contre-productive



L’idée selon laquelle il faudrait agir directement sur ce que l’on veut obtenir est profondément ancrée dans nos modes de pensée. Plus un objectif est important, plus l’action devrait être ciblée, précise, insistante. Pourtant, l’expérience montre que cette logique atteint rapidement ses limites.


Il arrive que l’action directe crée une surcharge : trop de volonté, trop d’attention, trop de tension au même endroit. L’objet du désir devient un point de fixation. L’énergie s’y contracte, le système se rigidifie, et ce qui devait avancer se bloque.


Dans ces situations, le problème n’est pas l’absence d’action, mais l’endroit où l’action est posée.




La pomme : une loi simple du vivant



Le vivant offre une image claire de ce mécanisme.

Si l’on veut une pomme, tirer sur la tige ne la fera pas pousser plus vite. Le fruit n’est jamais le bon point d’intervention.


Ce qui permet à la pomme d’exister n’a, en apparence, rien à voir avec elle : la qualité de la terre, l’eau, la lumière, le climat, le temps. La pomme n’est pas produite par une action sur la pomme, mais par un ensemble de conditions soutenues ailleurs.


Le fruit est une conséquence, jamais une cible.



Le fondement de l’action alternative™



L’action alternative™ part de ce principe fondamental :

dans certains moments, agir directement sur l’objet du désir est non seulement inefficace, mais contre-indiqué.


Lorsque l’énergie est déjà saturée sur un point précis, continuer à y agir revient à renforcer la tension existante. L’action alternative consiste alors à déplacer le geste vers un autre niveau du système : l’environnement, le rythme, le climat global, parfois vers quelque chose qui semble sans lien direct avec la situation initiale.


Ce déplacement n’est ni une fuite ni un renoncement.

C’est une lecture plus fine des dynamiques en jeu.




Agir ailleurs pour nourrir le point bloqué



Une action alternative™ n’agit pas sur l’objectif, mais sur ce qui l’entoure. Elle modifie les conditions dans lesquelles cet objectif pourrait émerger.


Cela peut consister à :


  • agir sur son état intérieur plutôt que sur la situation extérieure ;

  • modifier son environnement plutôt que d’insister sur une décision ;

  • entrer dans le mouvement sur un autre plan — corporel, créatif, relationnel — alors que le point principal est figé.



Ces actions peuvent sembler indirectes, voire déconnectées. Pourtant, elles alimentent le système dans son ensemble. Et c’est ce rééquilibrage global qui permet, par répercussion, une transformation là où rien ne bougeait.



Ne pas attendre le moment adéquat



Dans cette logique, attendre le « bon moment » peut parfois devenir une erreur d’interprétation. Non pas parce que le timing n’existe pas, mais parce que, dans certaines configurations, le moment adéquat n’apparaît qu’après le mouvement.


Lorsque l’énergie est bloquée, l’attente entretient la stagnation. Entrer dans l’action — même sur autre chose, même sans lien apparent — devient alors une action alternative à part entière. On n’agit pas pour provoquer un résultat, mais pour remettre de la circulation dans le système.


Marcher, créer, organiser, prendre soin, répondre à un élan simple : ces gestes n’ont pas pour but de résoudre le problème. Ils modifient le terrain sur lequel une résolution devient possible.


Parfois, ce n’est pas le bon moment qu’il faut attendre.

C’est le mouvement qui crée le moment.



Une autre intelligence de l’action



L’action alternative™ ne rejette ni l’intention ni l’engagement. Elle propose une intelligence de l’action plus écologique, plus systémique, plus respectueuse du vivant.


Lorsque l’action directe rigidifie, l’action indirecte libère. Comme pour la pomme, on cesse de tirer sur la tige et l’on commence à nourrir la terre.


Ce n’est pas l’action la plus évidente qui manifeste.

C’est celle qui agit au bon niveau.


Le vivant ne répond pas à la pression, il répond aux conditions.

Stéphanie Dordain


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