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Qu'est-ce qui est vraiment réel ?

Aujourd'hui est un jour d'éclipse.

Et depuis ce matin, ici, à Ibiza, je sens quelque chose de très particulier. Comme une porte.


Hier soir, je sentais émerger en moi un nouvel archétype. Une femme plus combative. Plus froide peut-être. Plus dure. Une femme qui ne voulait plus regarder la vie comme un conte de fées.

Je voulais regarder la vie comme une aventure. Un jeu. Avec des règles, des épreuves, des choix, des conséquences.


Et puis ce matin, au réveil, quelque chose m'a arrêtée.

"Est-ce vraiment l'histoire que tu veux choisir maintenant ?"


Et un message m'est arrivé. Très clairement.


"Navigue sous les eaux. Navigue dans les profondeurs. Et tu découvriras un trésor."

Alors j'ai écrit. Et je suis descendue. Sous la colère. Sous le personnage que j'étais sur le point de construire. Sous mes anciennes croyances. Sous mes certitudes spirituelles.

Et finalement, je suis arrivée à une question beaucoup plus vertigineuse :


"Qu'est-ce qui est réel ?"

Parce que je réalise quelque chose. Depuis toujours, Sapiens construit des histoires pour avancer.

Des religions. Des nations. Des lois. De l'argent. Des idéaux. Des systèmes. Des notions de réussite. De bien. De mal. De destin.


Nous nous rassemblons autour de croyances communes. Et ces croyances créent une direction. Cette direction crée un regard. Ce regard influence ce que nous remarquons. Ce que nous remarquons génère des émotions. Ces émotions influencent nos décisions. Nos décisions deviennent des comportements. Et nos comportements finissent par modifier le monde autour de nous.


Alors oui. Nos croyances participent profondément à la réalité que nous expérimentons.

Mais jusqu'où ?


C'est là que mon cerveau s'est arrêté.


Parce que depuis des années, j'entends parler de physique quantique, d'observateur, de dimensions, de réalités multiples, de conscience, de manifestation.


J'ai moi-même vécu des expériences et reçu des visions dans lesquelles plusieurs dimensions semblaient s'emboîter les unes dans les autres.


Et certaines interprétations de la physique quantique envisagent effectivement quelque chose de vertigineux : la possibilité que ce que nous appelons « la réalité » soit infiniment plus vaste et plus multiple que le monde unique que nous percevons.


Alors une question immense est apparue.


"Et si tout cela n'était qu'une projection ?"


Et si je pouvais simplement changer de regard ? Changer de fréquence ? Changer de pensée ? Et me réveiller ailleurs ?


Si tout ce que je vois autour de moi n'est qu'un cauchemar de ma conscience, alors dites-moi comment me réveiller.


Parce que je le ferai.


Si je peux entrer dans une réalité où aucun enfant n'est violé, où aucun animal ne hurle dans un abattoir, où aucun être humain n'en massacre un autre, où la Terre n'est pas détruite par ceux qui l'habitent… "je veux y aller."


Et c'est là que j'ai dû faire quelque chose que je trouve essentiel aujourd'hui.

Séparer ce que j'aimerais croire de ce que je sais.


Car la physique quantique ne nous a jamais démontré que notre conscience individuelle pouvait choisir par la pensée une réalité macroscopique et faire disparaître les autres.


Elle nous montre un univers beaucoup plus étrange que celui que nous imaginions. Elle permet même certaines interprétations dans lesquelles plusieurs mondes ou plusieurs issues coexistent.

Mais aucune preuve ne nous dit aujourd'hui : « Pense différemment et la souffrance des autres cessera d'exister. »


Et cette différence change tout.

Parce que je peux détourner les yeux d'un abattoir. Je peux arrêter de regarder les informations. Je peux vivre dans une maison magnifique, entourée de gens que j'aime. Je peux méditer. Danser. Créer. Voyager. Aimer.


Et construire une réalité subjective dans laquelle cette violence occupe de moins en moins de place.

Mais pendant ce temps, quelque part, un animal continue de ressentir la peur. Un enfant continue d'avoir mal. Un être humain continue de perdre quelqu'un qu'il aime.


Le fait que cette souffrance sorte de mon champ de conscience ne constitue aucune preuve qu'elle ait quitté le monde.


Et c'est peut-être ici que je rencontre aujourd'hui la limite d'une phrase que nous avons tellement répétée : « Je crée ma réalité. »


Oui.

Mais laquelle ?


Je peux créer mon regard. Je peux choisir ce à quoi je donne mon attention. Je peux transformer mes croyances. Je peux modifier mes comportements. Je peux provoquer de nouvelles rencontres. Je peux changer la direction de mon existence.


Et tout cela peut finir par modifier profondément le monde que j'expérimente.

Mais peut-être que la véritable question commence exactement là où mon pouvoir individuel s'arrête.


Que vais-je faire de ce qui existe aussi en dehors de moi ?


Alors j'ai imaginé deux chemins.


Le premier serait de ne plus croire en rien. Revenir au vivant. À l'instinct.

Me lever. Respirer. Manger. Dormir. Marcher. Courir. Faire l'amour. Prendre ma fille dans mes bras. Rire avec mes amis. Regarder le ciel. Être là.


Les animaux ne semblent pas avoir besoin de construire une grande théorie cosmique pour justifier leur existence.

Ils vivent.


Et peut-être avons-nous perdu quelque chose d'essentiel lorsque Sapiens a commencé à vouloir absolument expliquer pourquoi il était ici.


Mais il existe un deuxième chemin.


Accepter que je suis humaine. Et que l'être humain est aussi un animal capable de créer du sens.

Alors peut-être que je peux choisir une croyance sans avoir besoin de prétendre qu'elle constitue "la vérité absolue de l'Univers".


Je peux la regarder comme une carte. Une direction. Une quête.

Et là, quelque chose change.


Je n'ai plus besoin de demander : « Quelle croyance est absolument vraie ? »

Je peux demander : « Quelle croyance mérite que je lui donne une partie de ma vie ? »


Parce que toutes les croyances ne produisent pas les mêmes êtres humains.

Une croyance produit un regard. Un regard produit des émotions. Ces émotions influencent nos choix.

Nos choix deviennent des actes. Et nos actes laissent des traces.


Alors la croyance que je choisis aujourd'hui ne détermine peut-être pas tout l'Univers.

Mais elle détermine profondément qui je deviens à l'intérieur de celui-ci.

Et c'est là que je comprends pourquoi cette question arrive maintenant.


Parce que depuis quelque temps, je parle d'un appel.

L'Appel des Gardiens.


Retrouver sa place. Retrouver du sens. Se demander pourquoi nous sommes ici et surtout ce que nous voulons faire du temps qui nous reste.


Et peut-être que devenir Gardien ne signifie pas avoir découvert le secret de l'Univers.

Peut-être que devenir Gardien commence lorsque nous acceptons que nous ne le connaîtrons peut-être jamais.


Je ne sais pas avec certitude s'il existe une infinité de dimensions.

Je ne sais pas ce qu'est réellement la conscience. Je ne sais pas si cette vie est une simulation, une école, une expérience, un hasard extraordinaire ou quelque chose que notre cerveau humain est encore incapable de concevoir.


Je ne sais même pas si le temps existe de la manière dont je le ressens.


Mais il y a quelque chose que je sais.

Dans la réalité à laquelle j'ai accès, il existe du vivant.

Et ce vivant peut ressentir. Il peut avoir peur. Il peut souffrir. Il peut aimer. Il peut chercher la sécurité. Il peut vouloir vivre.


Et tant que personne ne pourra me démontrer que fermer les yeux fait disparaître sa souffrance…

je choisirai de garder les yeux ouverts.

Voilà peut-être ma croyance.


Pas une vérité imposée aux autres. Pas une nouvelle religion. Pas une réponse définitive au mystère de l'existence.

Une direction.

Je choisis de croire que ce que nous protégeons compte.

Je choisis de croire que ce que nous faisons de notre conscience compte.

Je choisis de croire que puisque Sapiens possède cette capacité extraordinaire à inventer des histoires, alors il possède également une responsabilité immense : choisir celles qu'il transforme en réalité.


Peut-être que l'enjeu n'est donc pas de passer notre existence à découvrir la vérité ultime.

Peut-être que l'enjeu est de devenir suffisamment conscients pour choisir la réalité à laquelle nous voulons contribuer.


Et soudain, je comprends autrement le message reçu ce matin.

"Navigue sous les eaux. Navigue dans les profondeurs. Et tu découvriras un trésor."


Le trésor n'était peut-être pas une réponse.

C'était une question.


Une question que cette éclipse est venue déposer devant moi comme une porte entre deux cycles : Maintenant que certaines de tes anciennes croyances sont mortes, quelle histoire vas-tu choisir de rendre vivante ?


Je crois que nous sommes nombreux à être exactement à cet endroit.

Entre deux versions de nous-mêmes.

Entre ce que nous ne pouvons plus croire et ce que nous n'avons pas encore choisi.


Alors aujourd'hui, en ce jour d'éclipse, je ne vous demande pas de croire ce que je crois.

Je vous invite à descendre vous aussi.


Sous le bruit. Sous vos rôles. Sous vos blessures. Sous ce qu'on vous a appris. Sous les histoires que vous répétez depuis des années sans même savoir pourquoi.


Et à vous poser cette question :


Si aucune vérité ne m'était imposée, quelle croyance choisirais-je pour guider le reste de ma vie ?
Et surtout : Quel monde cette croyance me pousserait-elle à créer ?

Peut-être que c'est ici que commence réellement l'Appel des Gardiens.

Non pas lorsque quelqu'un nous donne enfin la réponse.

Mais lorsque nous devenons assez conscients pour choisir notre direction.


From Sapiens to Guardians.



Love

Steph


30 jours pour retrouver le sens de ta vie : L'APPEL DES GARDIENS
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